Chapitre 23 : Révélations [1/4]

Journal Mnémoshère de Haven-Jane CF01

Fragment 10

Depuis que je lai engagé, Mike Hammer, « mon » détective ne m’a toujours pas donné un seul signe de vie.

Titanium-Jim CF01 lui non plus, ne m’a pas encore donné de nouvelles.

Je me noie dans le travail pour oublier son absence insupportable.

Je suis tellement obsédée par la disparition de mes frères et de mes sœurs, que je me suis plongée à corps perdu dans leurs rapports de mission, les comptes-rendus d’explorations, les fiches de contacts, leurs notes, tout ce que j’ai pu trouver.

La seule piste que j’ai concerne Titanium-Jane CF01.
Elle débute et elle s’arrête au Pocket D.

Pourquoi pas ?
Cette idée me trotte dans la tête.
Après tout, qu’est ce qui m’en empêche ?
Plus je la retourne tous les sens, et plus elle me semble séduisante, cette idée.

J’ai échangé mon uniforme contre une tenue civile.
Une jupe courte, noire, fendue sur les côtés
Un bustier en cuir bleu.
Des cuissardes à talons vertigineux, de la même couleur.
Un long manteau noir, lui aussi, qui balaye le sol autour de moi.
J’ai un pincement au cœur.
Ces vêtements je les ai achetés pour faire une surprise à Jimmy.
Je n’ai pas eu le temps de lui montrer.
Il plaisantait toujours sur mes achats, trouvant que mes tenues civiles me transformaient en souris grise.
J’avais voulu l’épater en allant chez le tailleur me faire faire quelque chose sur mesure et personnalisé.
C’est plutôt réussi.

Je ne reconnais pas la jeune femme en face moi dans la glace.
Le cristal de Jim au bout de la fine chaîne en or, brille sur sa peau bronzée.
Elle a des yeux bleus violets, immenses
Elle fait très jeune, 25 ans maximum.
Elle a l’air tellement innocent et fragile.
Contrastant avec sa peau dorée et son air enfantin, des cheveux, mi longs, blancs, comme la neige.

Je m ‘esquive discrètement de la base de la Clone Factory Inc.
Je n’ai pas envie qu’un de mes frères, ou une de mes sœurs, se mette en tête de m’accompagner.

Le Pocket D.
La Plus Grande Boîte de Nuit jamais construite au monde.
C’est un véritable complexe entièrement dédié au Plaisir.
Une multitude de discothèques, de bars, de salons et d’alcôves privées, de boutiques en tout genre.
Il y a même une piscine de taille olympique.

C’est comme un immense paquebot au milieu de la nuit.
Il a été crée par DJ Zéro.
Peu de règles en cet endroit, mais une, incontournable : on laisse ses armes au vestiaire quand on y vient.

Toutes les franges de la population de Parangon City et des Iles Insoumises s’y côtoient.
Des Super Héros, des anonymes, des soldats des troupes d’Arachnos, des étudiants, des Super Vilains, dont la tête est mise à prix, des prostituées, des gigolos, des dealers, toute une faune hétéroclite avide de détente et de distraction.

C’est une zone neutre, avec sa propre police sur armée et sur entraînée.
Sans compter tous les brouilleurs psychiques qui paralysent la majorité des super pouvoirs des uns et des autres.
Les problèmes sérieux sont rares au Pocket D.
Les ennuis sont « discrètement » évacués.

Je me suis installée au comptoir d’un des nombreux bars.
Il est à peu près vide.
Mais c’est vrai qu’il est encore tôt.

Je ne savais pas trop quoi boire.
Le serveur m’a servi une vodka.
Il a essayé d’engager la conversation.
Je lui ai fait comprendre que je n’étais pas là pour ça .
Je veux juste qu’on me laisse en paix.

Je bois une première gorgée de mon verre et je manque de m’étouffer.
Ca pique.
Ca brûle.
C’est fort.
Je tousse comme une folle sous le regard amusé du barman.

– Première fois ?
– Oui…
– C’est un peu rude pour commencer.

Je suis un peu plus circonspecte pour la seconde gorgée.
Elle passe mieux.
Tout d’un coup j’ai très chaud au niveau des pommettes.
Et je me sens moins tendue.
Plus sûre de moi.
Je réclame une seconde vodka, puis une troisième.
J’ai l’impression de flotter tranquillement, un peu détachée de ce qui m’entoure.
C’est loin d’être désagréable.
Je me sens euphorique.

Le barman pousse un coktail devant moi.
Une boisson pleine de couleurs, une brochette de fruits frais et un petit parasol.
C’est rigolo à voir.
Mais je n’ai rien demandé.

– De la part du Monsieur, à la table au fond.
– Merci, mais il peut le boire tout seul.

J’ai l’impression de parler d’un peu loin
D’être dans le brouillard.

– Je crois que j’ai déjà trop bu…
– Pas tant que çà, mais si vous n’avez pas l’habitude…

Ben, non, je n’ai pas l’habitude.
Jusqu’à aujourd’hui, j’ai toujours bu des diabolos cassis.
Je crois que je n’aime pas la vodka.
Ca me donne mal au coeur.
J’en suis là de mes intenses cogitations, quand une main énorme et lourde s’abat sur mon épaule.
Je manque de tomber de mon tabouret.

Je vacille un tantinet en me retournant.
Je suis nez à nez avec une montagne de muscles gominée et empestant l’après-rasage bon marché.
Genre Néanderthal, avec le QI équivalent à celui d’un primate.

Autour de moi, c’et un peu flou.

– J’vous ai offert un verre.
– Je ne vous ai rien demandé
– Vous pourriez au moins être polie.
– Et vous, être moins près.
– Fais pas ta mijaurée.

Néanderthal commet alors l’Erreur.
Celle à ne pas faire.
Une de ses mains descend sur mes hanches et il essaye de m’enlacer.
Il n’aurait pas dû…
Je ne supporte pas qu’on me touche.
Il me pousse contre le bar.
Je passe à l’attaque.

Je lui porte un violent coup de pied à l’entrejambe.
Il se plie en deux.
Il hurle.
Je lui attrape une main et je replie son index, en arrière.
Je sais que cette extension violente en arrière, pince le nerf.
C’ est insupportable.
De sa main libre, Néanderthal, me saisit les cheveux.
Ma vision se brouille, mais je resserre ma prise sur son doigt.

– Lâche moi espèce de salope !

Rien que pour çà, il mérite la raclée que je vais lui flanquer.
Je le tire à la remorque derrière moi.
Je lui fais traverser la moitié d’une piste de danse sous le regard franchement amusé des danseurs.

Je ne vais pas plus loin.
– Lâchez-le , bon sang ! vous êtes dingue !
– Mèlez vous de ce qui vous regarde.
– Justement.

Je relève un peu la tête.

– Hammer ?, qu’est ce que vous faites là ?
– Mon boulot. Il faut sortir au plus vite.

Néanderthal gémit toujours à mes pieds.
Mike m’oblige à lâcher ma prise.
Il m’entraine à grand pas vers une des nombreuses sorties de la discothèque.

Ils nous interceptent dehors, alors que nous venons de franchir la sortie.
J’entends « mon » détective jurer.

Ils sont six.
Grands, musclés, intégralement vêtus de noir, cagoulés.
On dirait des policiers du S.W.A.T.
Mais je ne reconnais pas l’insigne des forces de police.
Mais je ne reconnais aucune des armes dont ils sont équipés.

Hammer me pousse violemment sur le côté.
Je heurte un mur.
J’échappe à une décharge de tazzer.
Et à un jet de fléchettes paralysantes.

Je ne sais pas à qui nous avons à faire, mais ils ne plaisantent pas.
Je me relève très lentement.
Je viens de repérer une minuscule tâche dansante au niveau du cœur de Mike.
Une visée laser.
Je ne veux pas prendre de risque.
Je me déplace doucement et me met dans la ligne de mire.
Je ne me sens pas très bien.
Le décor a tendance à tanguer autour de moi.
J’étouffe un haut le cœur et je me plie un peu en deux.

C’est suffisant.
Suffisant pour que je me concentre.
Je sens l’Energie de l’Outre Monde palpiter et enfler dans mes veines.
Je projette mes deux mains vers l’avant.
Je déchaine sur eux un torrent de ténèbres qui les projette en tout sens.

Mais çà ne me suffit pas.
Du Néant, je fais jaillir un de mes pouvoirs préférés.
Des tentacules plus noirs que la nuit.
Ils piègent mes proies, les encerclent, les engluent, les étouffent.
Ils drainent leur énergie et leur force vitale peu à peu.

Mike m’entraine alors que je m’apprête à récidiver.

– On n’a pas le temps pour çà.
A suivre …

© Cenwen

Pendant ce temps :

Prison Break

« Tu crois que tu vas t’en tirer comme ça ? » ricane le gars tandis que je bondis vers lui.

Il vise mon cœur. Il ne sait pas encore.

Je concentre mes pouvoirs et continue d’avancer tandis qu’autour de moi commencent à scintiller les éclats de mon bouclier psychique. Il appuie sur la gâchette… sa balle ricoche sur moi… J’éclate d’un rire nerveux.

Je peux la voir, je la sens, cette stupeur qui le saisit alors que j’avance sur lui et lui décoche un crochet du droit en pleine mâchoire, figeant à jamais son rictus imbécile sur sa face de singe… Je la connais bien cette surprise, cet étonnement de me découvrir soudain invulnérable…

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