Chapitre 20 : Le marais des échos, partie 4

Illustration d'un récit fan fiction sur le thème du jeu Spellforce

○ { Il me suffit de plonger dans la part d’ombre que renferme en elle toute créature vivante pour nourrir cette magie. } ○

 

Chapitre 20 : Le marais des échos, partie 4

Les jours et les nuits se sont succédé et nous avons tenu bon. Nous sommes épuisés, mais notre vigilance est sans faille et notre détermination intacte.

Les attaques en provenance du camp Grarg se sont espacées. Les éclaireurs du sorcier se sont contentés de se montrer tout en restant à bonne distance, hors de portée de nos sortilèges.
Avec Grimaud, de l’autre côté, nous avons intercepté plusieurs patrouilles qui tentaient de s’infiltrer et d’accéder au Monument pour le détruire.
Nombre d’esclaves Skergs ont disparu, massacrés lors de ces échauffourées.
Mais nous avons tenu bon.

Je suis en permanence « dédoublée », à la fois dans et hors de mon corps, veillant nuit et jour, parcourant la zone hors de notre campement par l’esprit, surveillant les mouvements de troupes de notre adversaire, scrutant les moindres replis de terrain pour y planifier ou déjouer d’éventuelles embuscades. Je cherche aussi une source d’Aria dont j’ai cruellement besoin. J’en ai repéré deux lors de mes « sorties », une dans un petit vallon encaissé derrière les lignes ennemis, l’autre, proche du Monument mais sous le feu des tours grégeoises du campement orque. Ma préférence va à cette dernière. Léna nous protège avec son mur de glace. Faire passer un groupe d’esclaves pour exploiter la première source l’obligerait à le détruire, nous exposant à une attaque dont l’ampleur et la violence, j’en suis intimement persuadée, ne nous laisserait aucune chance de survie et nous ferait perdre tout ce que nous avons réussi à construire.

Je préfère sacrifier les esclaves de la Rune. Je peux en invoquer autant qu’il en sera nécessaire, même si cette perspective me donne la nausée. Tant que je ne les invoque pas, ils dorment d’un sommeil que j’espère sans rêve. Une fois appelés, même si leur mémoire a été effacée, ils connaissent la peur, la souffrance et je vais devoir sciemment les envoyer à une mort douloureuse sans qu’ils soient en mesure de l’éviter, de se défendre, de se révolter. Mon désir d’humanité est ma malédiction. Le Cercle a fait de moi un monstre appelé à vivre et à mourir pour renaitre encore et encore, mais il n’a pas réussi à me priver de compassion.

Les premiers bâtiments militaires s’élèvent enfin dans la clairière. Malgré des ressources limitées, les magasins sont suffisamment pleins pour que je commence à envisager de convoquer une partie de mon armée.

J’étudie sans relâche les plans à ma disposition pour décider de ce qu’il est urgent et indispensable de construire sans dilapider les réserves dont j’aurai besoin à l’avenir. Je dois décider d’une stratégie et celle que j’entrevois, le choix qui s’impose à moi, ce choix me répugne, mais je ne me soustrairai pas.

Je ne me voile pas la face, nous sommes en infériorité numérique, acculés, coincés sur ce bout de falaise, avec des ressources qui ne me permettent aucune solution de recours ou de repli si les choses viennent à mal tourner.

Ma magie est une magie de mort et de destruction.
Je n’ai pas besoin de la puissance des Dieux sombres pour l’utiliser. Il me suffit de plonger dans la part d’ombre que renferme en elle toute créature vivante pour nourrir cette magie, l’amplifier et la retourner contre elle. Je détruis la vie en m’attaquant au corps et à l’âme. C’est douloureux, brutal et imparable. C’est cette énergie « noire », le flot qui coule dans mes veines et que je canalise au travers de mon corps et de mon âme d’où sont issus mes pouvoirs. J’utilise aussi les malédictions, des sortilèges si anciens qu’on ne peut les prononcer. Ils agissent lentement, sournoisement, de manière indirecte, sapant la volonté de vivre, de lutter, détruisant les cellules à petit feu comme une maladie incurable. Ils sont lents mais puissants. Une fois lancées, je ne peux les reprendre. Je ne peux qu’assister à la lente et douloureuse agonie de mes proies. Je n’aime pas faire souffrir quand je peux tuer « proprement ». Je n’ai parfois pas le choix.

Mais il y a une branche de ma magie qui me répugne, quelque chose de totalement contre nature, encore plus que le pouvoir de La Rune, quelque chose de totalement immoral, corrompu, dépravé et blasphématoire à mes yeux, notre capacité à relever les morts de leurs tombes, de les ramener à un semblant de vie et de les soumettre à notre volonté et les obliger à nous servir.
Mais ce n’est pas tout. La nécromancie implique non seulement que je fasse couler mon sang, ce qui n’est rien en ce qui me concerne, mais elle exige que je sacrifie une vie en échange de la vie que je rappelle.
Plus nombreuses sont les vies, plus ancien est le mort que je ranime et plus le prix du sang est élevé. Et je me refuse à verser ce sang, que ce soit celui d’animaux ou d’enfants innocents. Ceux qui sont réanimés ne sont que des créatures sans âme, sous le contrôle de leur invocateur, mus uniquement par la peur et la faim, animés d’une bestialité sans nom, se nourrissant de chair humaine pour conserver leurs forces. Et pourtant, c’est de cette capacité dont je vais me servir pour nous donner un avantage.

A suivre …

 

Vous pouvez retrouver le fil de l’histoire en vous référant à l’index des épisodes et découvrir le monde de Spellforce ici :

Les origines, partie 1/2

Les origines, partie 2/2

Bonne lecture :)

Je vous souhaite une belle journée, douce et sereine !

Puisse  la Lumière d’Aonir  vous guider !

Isabelle G. aka Cenwen

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